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Croisière fluviale sur le rio Madeira

Ce matin, avant d'embarquer, un peu de temps pour aller faire un tour au marché proche du port. Toujours des Yuccas... au goût si proche des patates. Voilà qui fait rêver à un bon velouté à la crème fraîche ou un excellent gratin bien recouvert de gruyère fondu... Ici, les souris sont vertes et épineuses mais n'ont ni oreilles, ni queue, ni pattes... La longueur des haricots verts est impressionnante, plus de 50 cm ! Et les oranges toujours vertes mais toujours sucrées et goûteuses... La ...noix du brésil.
Vous savez, les grosses rares qu'on cherche discrètement dans le mélange salé de l'apéritif pour en profiter avant que les autres n'en ait fait autant.
Ici, c'est à profusion et satiété ! Passage rapide à travers le secteur boucherie. Admirez la qualité de ces tripes. On n'en voit plus en France présentées comme cela. Ah, le secteur poissons. Une première chose étonne, parmi les 5 ou 6 espèces de poissons sur les étals, tous les individus de la même espèce font la même taille !
Comme s'ils étaient calibrés... Avant présentation, les petits poissons sont écaillés dans l'eau et lardés de coups de couteaux... ...renseignement pris, il semblerait que ce soit pour couper les arêtes pour éviter de s'étrangler...
M'ont pas vraiment convaincu sur ce coup-là ! Sur la droite, filet de pirarucu, le poisson géant de l'Amazonie, jusqu'à trois mètres, parait-il... Les mêmes mais séchés et roulés. Pour la route... Allez, direction le port, faut charger les attelages. Nous sommes à l'heure et devrons patienter plus de 3 heures avant de pouvoir charger nos montures. Notre bateau, le Dois Irmaos (Deux frères), grosse barcasse de bois d'une trentaine de mètres de longueur doit bien accuser un bon demi-siècle.
Sur ces bateaux fluviaux, la totalité du chargement se fait à la main et à la sueur. Par exemple, ici les packs de bières transitent à pied du camion jusqu'au bateau pour... ...être ensuite bien rangés, pack après pack ! Alors, nous patientons... L'électricien met la dernière main au tableau de bord beaucoup plus récent que le bateau. Le tableau électrique général du bateau indique bien son âge à mon avis... ...ainsi que la commande des machines... ...et la barre ! Profitant de notre inactivité, nous avons pris place dans les cabines... Deux bannettes superposées dans 5 m2 sans fenêtre mais avec ventilateur !!! L'heure du chargement arrive enfin :
- Phase 1 : descendre en marche arrière la rampe d'escaliers vers le ponton flottant. Franchement, la descente s'avère beaucoup plus facile qu'il n'y parait... ...le plus délicat étant d'éviter un gros moteur de camion stocké en bas à droite de l'escalier. Phase 2 : Séance de tire, pousse, soulève pour monter l'engin sur le pont marchandise. Il ne reste ensuite plus qu'à répéter l'opération en repartant depuis le début. Et voilà le tour est joué... Une bonne transpirée mais pas de dégâts ! Chargement terminé, nos attelages se retrouvent au milieu d'un bunker de boissons industrielles.
La séance de vérification du jeu des soupapes se fera durant deux jours sur moins de 2 m2 entre les deux motos avec la lampe Petzl au front... Petite tournée de découverte du confort des commodités de notre fringant navire. WC et douche occupent le même espace.
L'eau des deux est assurée gracieusement et à volonté par le rio Madeira, ce qui explique la couleur du fond de cuvette sur la photo... Deux WC/douches sont heureusement équipés de hublots permettant de profiter agréablement du paysage et surtout de rendre l'atmosphère quelque peu moins pestilentielle en ces lieux très fréquentés. Gilson, le vendeur de billets nous a trouvé le bateau et bien aidé par la suite jusqu'à notre départ. Il a fait son travail de commercial très consciencieusement et assuré le suivi de sa vente.
Qu'il en soit remercié ! Et c'est parti avec 4 heures de retard, mais partis quand même. Le matin suivant, surprise, le pilote avait changé... Trois hélices de rechange attendent de remplacer celle qui cassera suite à un choc ou un ensablement un peu trop violent.
Il est vrai qu'à cette époque de l'année, le rio Madeira est bas, très bas... Et cela se voit fort bien sur les deux rives. Le fleuve étant la seule voie de pénétration dans la jungle, toute la vie s'organise sur ses rives et les bateaux deviennent les cordons ombilicaux assurant la survie ici à toute peuplade non indigène. Premier arrêt à un petit bourg de bord de fleuve. Aperçu, ce troupeau de buffles d'eau noirs. Et la vie s'écoule doucement... ...à la vitesse du fleuve que nous remontons à contre-courant. Be Bop, le président brésilien, a mis en place une règle de base selon laquelle chaque citoyen où qu'il se trouve dans le pays doit avoir accès à l'école et à l'électricité. Et les bords du rio Madeira n'y échappent pas, ici, un bateau école...
Comment çà, il ne s'appelle pas Be Bop le président brésilien, mais si, Be Bop a Lula... :-) Les passagers du monde vous offrent ce petit interlude photographique. Chacun s'occupe à faire passer le temps selon ses aspirations et occupations. La vie s'écoule lentement... Notez bien que ce lever de soleil vous est offert par Pascale à 5h15...
Etonnant hein, enfin du moins pour ceux qui la connaissent.
Commentaires de Pascale
Oui, mais il faut dire que mon compagnon de cabine ronflait allègrement (certainement dû à la caïpirinha ingurgitée la veille avec les Français à bord...), et dans 5 m2 de surface, des ronflements dignes d'un avion au décollage, c'est pire ... Depuis ce matin, nous croisons ces plateformes immobiles toutes équipées de grosses pompes... ...Nos premiers garimpeiros, chercheurs d'or qui fouillent inlassablement le fond des rivières pour y trouver les paillettes du précieux métal. A en juger par les conditions de vie de toute la famille, du moins ce jour-là, on finit par se demander si ce métier ne fait pas plus rêver que ce qu'il rapporte !!! Travail et habitation se confondent chez la plupart des orpailleurs brésiliens. Avec le bruit de la pompe en permanence, je vous laisse imaginer la qualité de vie... Prévu pour 152 passagers, notre bateau a largement fait le plein... La mer de hamacs du pont des passagers est pleine à craquer. Sur les deux rangées d'accrochage, un hamac tous les 50 cm ! Craquante, non ? Maman, pipi ! Petit omnibus local... Le temps s'alourdit, le ciel vire au plomb, la pluie arrive, lave et rafraîchit. La piste entre Manaus et Porto Velho est infernale sur une bonne partie du trajet de par la boue de latérite et les ornières. Seuls les véhicules tout-terrain peuvent techniquement l'emprunter.
Les camions passent donc eux aussi par le fleuve sur des chalands de barges remontant péniblement le courant. Instant bizarre où chacun devient spectateur de l'autre... Le fleuve est bas.
De temps à autre, un sondeur quitte le bateau sur un canot et perche à la main, cherche le bon passage.
En moyenne deux ensablements par jour. Le quai d'une exploitation forestière où patientent des troncs d'un diamètre vraiment impressionnant. Au bord du fleuve, le niveau de vie n'est pas le même pour tout le monde. Je parierai presque qu'il s'agit de chercheurs d'or.
Vous noterez le tuyau d'écoulement de la maisonnette... Après 3 jours de navigation et de promise bourrée (pardon cuité), au bruissement et à l'agitation du pont des passagers, nous comprenons que nous nous approchons de la première étape de descente : Humaita. Ici, vaut mieux avoir le jarret gaillard pour rentrer chez soi avec ses sacs... Les dockers contemplent ce qui les attend... Et c'est parti pour une bonne transpirée ! Il est vrai que cet escalier ne dessert que le port passagers, le gros des marchandises sera déchargé sur des camions sur un quai un peu plus loin. Mais toujours à main d'homme et pack par pack.
A vue de nez, entre 70 et 100 tonnes ! Le vendeur de cacahuètes grillées tenues chaudes par la braise en dessous et magnifiquement emballées.
Spécial dédicace pour toi Pascal !!! Dernière soirée bien arrosée à la caïpirinha (Ti-punch à la brésilienne).
En partant de la gauche :
- Tiphaine, sympathique bretonne ne buvant pas et ne fumant pas, enfin c'est du moins ce qu'elle nous a dit mais l'histoire ne retiendra pas cette version...
- L'inénarrable Alain...
- Ma pomme et son tricot jaune...
- Angela, autrichienne et trekeuse qui ne fume pas et boit très très peu...
- Werner, le compagnon d'Angela. Tous deux sportifs avec sacs à doc, ils sont montés en haut du Tepui Roraïma et tout compte fait, à la vue des cicatrices de leurs mollets, bien fait de ne pas y aller...
- Bruno, truculent breton (tendance Mayenne...) compagnon de Typhaine tous deux en sac à dos. Lui fait tout le contraire de ce que dit sa compagne. Il nous a même sorti un calva du feu de Dieu...
- La toujours timide Sylvie face aux appareils photos...
- Gaëlle, parisienne baroudeuse en sac à dos qui a le cran de se balader toute seule dans toute l'amérique latine (parle excellemment le portugnol) ...
- Derrière l'appareil (comme souvent) : Pascale...
Merci à vous tous pour les moments de convivialité passés sur ce bateau. J'espère que le destin fera recroiser nos routes, la porte de la maison dans les bois près de Grenoble vous est ouverte... Le lendemain, après une nuit dont la chaleur n'avait d'égale que la moiteur... Le bateau nous déplace pour débarquer nos attelages, juste à l'emplacement d'un pécheur de poissons-chats.
Les Passagers du Monde sont les derniers à descendre... Voilà, le problème est posé...
Vous saurez prochainement comment il a été résolu et si Martyn trouve un peu de temps pour bricoler le bon module d'affichage, vous aurez même droit à la vidéo des descentes des deux attelages !!!
A bientôt...






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